Qui fait du bénévolat?

Les motifs d’engagement d’une personne reposent principalement sur son besoin individuel à tisser des liens et à acquérir une identité sociale.

Les motivations recherchées pour réaliser du bénévolat sont un mélange combinant le désir de servir et la recherche de satisfaction personnelle : la tâche proposée doit donc correspondre aux intérêts de la personne et doit être significative.

Les personnes s’engagent si elles se sentent touchées par la cause, si elles ont confiance en l’organisation et si elles perçoivent une ambiance agréable.

Le temps disponible constitue le principal obstacle : 77% des heures de bénévolat sont accomplies par 25% des bénévoles.

Découvrez plus d’information dans le Portrait 2025 des bénévoles et du bénévolat au Québec.

L’action bénévole des jeunes

  • Au cours de l’année 2013, 40,1% des jeunes de 15 à 24 ans ont fait du bénévolat.
  • Ceux-ci cherchent à contribuer au mieux-être de leur collectivité, percevant leurs actions comme un « engagement citoyen » plutôt que comme du bénévolat.
  • Plusieurs avantages pour ces jeunes:
    • Possibilités d’apprendre à mieux se connaître;
    • Développer ses talents;
    • Faire partie de nouveaux réseaux sociaux qui faciliteront leur intégration professionnelle;
  • Leur engagement est lié à une cause sociale qui les interpelle qu’elle soit d’ici ou d’ailleurs. Pour les jeunes bénévoles, la définition de la communauté est totalement élargie autant sur le plan géographique que sur celui de leurs intérêts.
  • Globalement, les jeunes bénévoles sont flexibles, ouverts aux nouvelles idées et très à l’aise avec les technologies. Plusieurs participent à des programmes de services communautaires et beaucoup d’entre eux s’adonnent au bénévolat à l’extérieur de ces programmes.
  • Pour ce groupe d’âge, le bénévolat est perçu comme une aide utile pour trouver de l’emploi, acquérir des expériences et faire du réseautage. Les jeunes sont sensibles à ce qu’ils perçoivent comme de la discrimination fondée sur l’âge. Ils préfèrent des activités où ils se sentent respectés et où on leur confie des responsabilités.
  • En terme de bénévolat, les moins de 25 ans recherchent des rôles plus intéressants et plus stimulants que ce qui leur est habituellement offert pour constater les résultats de leurs efforts.
  • Leurs horaires sont plus prévisibles que ceux des autres groupes d’âge.

L’action bénévole des baby-boomers

  • Les baby-boomers arrivent à la retraite et bénéficient théoriquement de temps et de flexibilité pour le bénévolat.
  • Ces bénévoles arrivent avec un bagage important de compétences, de valeurs et de nouvelles façons de faire.
  • Les baby-boomers sont partagés entre les loisirs, les vacances, les voyages, les petits-enfants et les parents très âgés dont ils s’occupent.
  • Ils prennent la relève de leurs propres aînés qui ont marqué toute une époque du bénévolat au Québec et ont largement constitué le groupe de ceux donnant la majorité d’heures de bénévolat.
  • Ils recherchent un engagement qui a un sens et un objectif.
  • Ils tiennent à ce que les organisations soient efficaces et efficientes dans leur gestion des bénévoles et du personnel.
  • Ils sont prêts à collaborer avec une même organisation pendant de nombreuses années, à condition d’être bien traités.

L’action bénévole des personnes immigrantes

  • Les motifs des personnes immigrantes pour faire du bénévolat ne sont pas différents de ceux des personnes nées au Canada:
  1. Contribuer à la communauté;
  2. Mettre à profit leurs connaissances et expériences;
  3. Découvrir leurs points forts;
  4. Se sentir personnellement touchés par la cause;
  5. Se constituer un réseau ou rencontrer des amis;
  • Lorsqu’elles sont interrogées sur des motifs secondaires, les personnes immigrantes soulignent que leur implication bénévole facilite leur intégration sociale et professionnelle et améliore leurs compétences linguistiques.
  • Leurs engagements sont souvent liés aux normes et coutumes de leur pays d’origine.
  • Les personnes immigrantes consacrent une plus grande part de leurs heures de bénévolat à des organismes religieux : les églises, temples et mosquées peuvent servir de lieu de rencontre et leur permettre de se lier d’amitié avec des gens de leur propre culture.

Des histoires de bénévolat qui changent des vies

Le bénévolat, Une histoire de famille – Emmanuelle Vincent-Racicot
« Donner aux autres ça donne un sens à la vie. J’ai le sentiment de contribuer à quelque chose de plus grand que moi. Le bénévolat ça prend beaucoup d’humilité aussi, car malgré les réalisations, on constate qu’on a besoin des gens, on a besoin d’une équipe »

Lorsque l’on regarde le parcours d’Emmanuelle Vincent-Racicot en bénévolat, nous ne sommes pas étonnés qu’elle ait remporté le prix Claude-Masson, le volet jeunesse des prix Hommage Bénévolat-Québec 2020 pour la région de l’Estrie. Ce prix, elle le partage avec son conjoint David Auclair, car il participe également à tous ses projets de bénévolat.

Avec son conjoint, elle a mis en place le réfrigérateur communautaire le Touski où les invendus alimentaires des commerçants sont mis à la disposition des gens gratuitement. Le couple s’en occupe quotidiennement. « On était déchétariens, donc on prenait les invendus dans les poubelles des épiceries. On faisait nos courses de cette façon. Une année on a acheté des couches seulement. On remplissait notre voiture de belles denrées, mais parfois on n’arrivait pas à tout consommer. On s’est dit que peut-être avec des ententes, on pourrait les récolter et les offrir au grand public. On aurait aussi plus de variétés et c’est une façon de contrer le gaspillage alimentaire. On pouvait sensibiliser les gens aussi. Cela a apporté une belle cohésion sociale. Les gens qui se croisent s’échangent des recettes, il y a de belles amitiés qui se sont créées, on a même créé un couple », raconte-t-elle en riant.

De plus, toute la petite famille a parrainé une famille de réfugiés irakiens arrivée en novembre 2018 au Canada. Au début, la famille de réfugiés avait été placée chez une couple de personnes âgées. « Ils sentaient une pression, car ils avaient un enfant. Quand ils sont arrivés chez moi et ont vu que ça courait et criait, ils ont été soulagés. »

Emmanuelle Vincent-Racicot fait aussi partie de l’équipe d’animation communautaire du village, elle est également au comité des loisirs de St-Étienne-de-Bolton, en plus d’associations agricoles. Elle travaille depuis quelques années sur un projet de cuisine intergénérationnelle où des jeunes et des aînées cuisineraient ensemble. Un projet auquel elle croit, mais elle est en recherche de financement pour le moment.

Un bénévole très en demande - Marc-André Kérouack Tremblay
En Mauricie, à Yamachiche plus précisément, les citoyens connaissent sans doute Marc-André Kérouack Tremblay. Ce jeune homme de 18 ans est grandement impliqué dans sa communauté et ses talents sont souvent requis, y compris dans des événements d’envergure. Il s’est confié au RABQ en 2020, alors qu’il venait tout juste de recevoir le Prix Claude-Masson des Prix Hommage Bénévolat-Québec dans la catégorie Jeune bénévole pour la région de la Mauricie.

Du plus loin qu’il se souvienne, Marc-André Kérouack Tremblay a toujours aimé aider. Déjà au primaire, le service de garde avait demandé des étudiants plus âgés pour venir surveiller les jeunes sur l’heure du midi. Le jeune homme n’a pas hésité à se porter volontaire. Ensuite, au secondaire, il a aidé son professeur d’art dramatique lors de différents spectacles, il accueillait les gens. Par la suite, l’école avait besoin d’un jeune technicien radiophonique pour une émission d’opinion et on lui a donné une petite formation. Après, c’est pour la technique de scène que l’école de Marc-André a choisi de le former. Son talent a été remarqué puisque la ville de Louiseville a eu recours à ses services pour le spectacle du 350e anniversaire de la municipalité. « Jamais je n’aurais pensé que j’allais faire ça et côtoyer des artistes comme Pénélope McQuade ou Laurence Jalbert. » Sans compter que son professeur l’a aussi engagé comme technicien bénévole pour sa troupe des Poêles à bois. Il s’est aussi impliqué dans la parade pour le Festival de la galette et s’implique également dans le défi Cours ton avenir qui vise à amasser des fonds pour aider les jeunes plus démunis à faire des sorties.

Si les implications du jeune homme sont multiples, c’est en partie grâce à l’entraide observée dans sa famille : « J’ai un frère handicapé, mes parents doivent s’occuper de lui, on a peu de moyens, mais j’ai toujours voulu aider. Je trouve cela important, peut-être parce que je vois mes parents se dévouer pour mon frère. Aussi, je suis incapable de ne rien faire, je dois toujours être occupé. » Dans sa candidature, on relève également le fait que ce jeune homme est de ceux qui s’assurent que tout le monde soit heureux. Dès que quelqu’un a besoin d’aide, il répond présent.

« Cela m’apporte beaucoup de reconnaissance. Cela m’a permis de me dégêner. J’étais très timide, je ne parlais à personne, alors le bénévolat m’a beaucoup aidé. Je suis super sociable et maintenant j’aime parler aux gens. Ça m’a permis de participer à de gros événements et ce sont de belles opportunités. Cela m’a aidé aussi dans mes études car je suis quelqu’un de très stressé et cela m’a aidé à ce niveau », conclu-t-il.

Plus de 40 ans de bénévolat - Marc-André Rioux
Depuis plus de 40 ans, Marc-André Rioux s’implique dans sa communauté. C’est sa candidature que le jury des prix Hommage Bénévolat-Québec a retenue pour lui rendre hommage en 2020 dans la région de Chaudière-Appalaches.

En 1977, Marc-André Rioux a joint les Chevaliers de Colomb et c’est avec l’organisation qu’il a commencé à s’impliquer un peu partout dans sa communauté. La liste de comités dans lesquels il s’est impliqué au fil des ans est assez impressionnante. Comité du conseil de revitalisation de la salle communautaire de St-Roch-des-Aulnaies, Président du comité consultatif de la culture et du patrimoine, comité de la famille et représentant municipal au comité de la bibliothèque municipale, comité organisateur des fêtes du 350e de St-Roch-des-Aulnaies, comité d’école et plus encore. Ses plus belles années, il affirme les avoir vécues au comité consultatif de la culture et du patrimoine. « Mes plus agréables expériences ont été à ce comité. On était une belle équipe et on a fait avancer les choses pour la fierté de notre patrimoine dans notre ville », dit-il.

À sa retraite, il n’était pas question d’arrêter son bénévolat, bien au contraire, il a appris l’espagnol et avec sa femme, ils ont effectué quelques voyages humanitaires. « Nous sommes allés en Bolivie trois mois pour travailler dans un foyer de personnes âgées. Nous sommes allés un mois au Guatemala pour construire des classes dans un orphelinat et un mois aussi en République Dominicaine pour revamper la cuisine d’un lieu de prière. Ce sont de très belles expériences. Ça nous ouvre sur le monde. On constate que l’on peut très bien vivre même quand ce n’est pas dans le luxe. »

Pour le bonheur des aînés - Monique Bélanger, Olivier Dugas et Fleurette Doran
Le bien-être de nos aînés est un enjeu de société. Dans les résidences, nombreux sont ceux qui souffrent de solitude. Dans leurs cas, les bénévoles deviennent des alliés plus que précieux. Le RABQ a rencontré trois d’entre eux : Monique Bélanger, Olivier Dugas et Fleurette Doran sont trois bénévoles de la Résidence Berthiaume–Du Tremblay qui fait partie de la Fondation du même nom.

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La Fondation a été créée en 1961 par Angélina Berthiaume-Du Tremblay et a débuté ses activités en 1967 afin de répondre aux différents besoins des aînés de l’époque. Aujourd’hui encore, la Fondation offre des services aux personnes âgées en plus de trouver des solutions originales et collectives pour accompagner le milieu communautaire des aînés. Ceci, toujours avec des valeurs d’inclusion, de respect, d’innovation et de partenariat.

Monique Bélanger y est bénévole depuis 11 ans. À 65 ans, cette épicurienne a choisi de faire des visites amicales aux résidents. « J’ai été hospitalisée un long moment et je trouvais que j’étais enfermée dans ma chambre. Lorsque les bénévoles venaient me voir, c’était plus intéressant. J’ai aussi accompagné mes parents, j’ai vu la solitude des personnes en hébergement et j’ai choisi de faire quelque chose, ne serait-ce que des visites », confie Mme Bélanger.

Lors de ses visites, Mme Bélanger aime surtout sortir les résidents à l’extérieur pour leur permettre de prendre l’air et voir autre chose que les quatre murs de leur chambre. « Je me considère privilégiée, donc c’est de redonner au suivant. C’est la moindre des choses. Quand on cesse de travailler, c’est bon aussi de garder un agenda et de ne pas rester à la maison, mais égoïstement ça me fait du bien, ça me rend heureuse. J’ai des ailes quand je ressors d’ici. C’est gratifiant. » Le plus difficile pour cette femme engagée c’est lorsqu’il y a un décès chez les résidents. « On s’attache, alors c’est difficile. Quand il y a une perte, on essaie d’aller vers les autres, de leur donner de l’amour et d’en recevoir, c’est la meilleure façon de surmonter une perte. »

Fleurette Doran a également un attachement particulier à la Résidence Berthiaume-Du Tremblay puisque ses parents y ont habité. Elle s’est inscrite comme bénévole il y a plus de 30 ans, alors qu’elle a constaté qu’il y avait un réel besoin. La majorité du temps, elle aide les résidents à manger lors des repas. « J’avais du temps libre, j’étais à la maison, alors j’ai décidé de m’impliquer. Parfois, il faut les motiver à manger, certains, ne veulent pas ou ont plus de difficultés. Ici, on est bien accueilli, on est bienvenue comme bénévole, on est utile et apprécié. C’est une belle motivation pour moi », dit-elle.

De son côté, Olivier Dugas a commencé à s’impliquer bénévolement à la Résidence il y a environ 10 ans. À ce moment, il était au chômage et cherchait une façon de s’occuper. Il offre ainsi de son temps à la Résidence Berthiaume-Du Tremblay au niveau de la physiothérapie. Il aide les résidents à bouger pour améliorer leur souplesse et leur mobilité à travers diverses activités. « Le bénévolat nous apporte beaucoup. C’est très valorisant. Il y a toujours des besoins, et on ne sait jamais lorsqu’on l’on se retrouvera seul. Donner aux gens c’est aussi recevoir en retour plus tard. »

S’allier avec les jeunes - Ernest Edmond Jr
C’est pour aider les jeunes à se surpasser et à s’engager dans leur communauté qu’Ernest Edmond Jr a cofondé Les Ballons Intensifs. Depuis, chaque jour durant la saison estivale plus d’une trentaine de jeunes se réunissent dans chacun des arrondissements desservis pour s’entraîner au basketball. Un programme qui fait une grande différence dans la vie de jeunes souvent défavorisés.

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En 2009, son cousin Jimmy lui a demandé de l’entraîner au basketball ce qu’Ernest a accepté volontiers. Ils ont développé un programme et le bouche-à-oreille a fait son œuvre. Devant l’engouement, c’est en 2014 que Les Ballons intensifs ont été officiellement fondés comme organisme à but non lucratif. « Si Jimmy n’avait pas osé demander ce dont il avait besoin, on ne serait pas là aujourd’hui », indique Ernest Edmond Jr.

Une tragédie dans la vie du cofondateur des Ballons Intensifs avait déjà déclenché son envie de s’impliquer dans sa communauté, soit l’assassinat d’un autre cousin. « Ce n’est pas un événement dont je parle beaucoup. On était du même quartier, il avait beaucoup de talents dans les sports, mais il n’avait pas de programme comme celui-ci. Il n’avait pas cette communauté qui valorise des choses comme ça. Il a malheureusement pris un autre chemin. Si Les Ballons intensifs peuvent aider ne serait-ce qu’un seul jeune à ne pas tomber dans ce genre de parcours, c’est déjà ça », confie M. Edmond.

Les Ballons intensifs offrent un entraînement de basketball gratuit pour les jeunes. Présentement, c’est disponible à Pointe-aux-Trembles, Montréal-Nord et LaSalle, mais M. Edmond souhaite que le projet soit offert dans plusieurs autres endroits. Le programme ne se concentre pas seulement sur le sport. Les Ballons intensifs prônent l’engagement communautaire, ils font des sorties culturelles, vont parfois aider des organismes.

« Lorsque je reçois un remerciement venu de nulle part, même de personnes sur lesquelles tu ne pensais pas avoir eu un impact, mais qui te remercient pour ce que tu as fait pour eux, ça me motive à continuer. Ça justifie tout le temps passé avec ces jeunes et tous les efforts faits. On a eu des embûches, mais je dirais qu’il ne faut pas s’en faire avec ça. On ne doit pas se stresser avec des choses qu’on ne peut pas contrôler. Au départ, on voulait être dans les gymnases, mais ça n’a pas fonctionné, finalement être à l’extérieur c’est plus cool. Quand on nous a refusé des financements, on trouvait le moyen de s’arranger autrement. Les gens ont souvent de bonnes idées, mais arrêtent aux premières embûches. Ce n’est pas la fin du monde, il faut prendre le temps de respirer, donner le meilleur de soi et trouver une solution », mentionne Ernest.

En valorisant l’engagement communautaire des jeunes, les fondateurs des Ballons Intensifs souhaitent que les jeunes qui participent trouvent normal de s’impliquer dans leur communauté et que celle-ci voit ses jeunes, non pas comme un problème, mais plutôt comme un atout. De plus, ces jeunes évoluent avec des modèles positifs, ils peuvent ensuite devenir des exemples à suivre pour d’autres. Petit à petit, c’est ce qui construit une société unie, positive et valorisante, et ça, Ernest Edmond Jr y croit fermement.

Faciliter son intégration par le bénévolat - Pierre Tchakoua
Pierre Tchakoua est un bel exemple d’intégration en Abitibi-Témiscamingue. Cette réussite, il la doit en partie au bénévolat. Lauréat de la région pour les Prix Hommage Bénévolat-Québec 2018, le Réseau de l’action bénévole du Québec (RABQ) se devait de vous présenter cet homme unique.

Tchakoua a quitté le Cameroun pour le Québec en 2011. Il est venu faire son doctorat en génie électrique. Dès 2012, il s’est impliqué comme mentor auprès des Grandes Sœurs et Grands Frères de la région. « Le bénévolat a été la clé de mon intégration. Ça m’a ouvert toutes les portes. Ça m’a aidé à m’enraciner. Ça m’a aidé à développer un sentiment d’appartenance, à créer un réseau d’amis et de contacts. Comme immigrants, on est dépaysé, c’est donc important de s’impliquer dans un milieu. On est un maillon de la chaîne qui fait que les choses fonctionnent bien ensuite. Avec le bénévolat, c’est plus facile d’établir des liens rapidement, tout est fait dans le plaisir, les gens sont là pour aider et parce qu’ils le veulent, pas par obligation. C’est aussi une aide pour l’emploi. Le bénévolat permet d’apprendre à connaître tous les processus et voir comment ça fonctionne ici », confie M. Tchakoua.

Depuis 2015, il est bénévole au service de la sécurité incendie et sécurité civile de la MRC de Rouyn-Noranda et il est également le président du Forum Jeunesse de l’Abitibi-Témiscamingue (FJAT). Une amie l’avait invité à assister à un des forums et il avait réellement été impressionné par les jeunes participants, leurs idées, leur fougue, leur intelligence et leur engagement. Il a donc voulu s’impliquer auprès d’eux au conseil d’administration du FJAT.

Pierre Tchouka souhaite également donner l’exemple à ses deux enfants. D’ailleurs, ces derniers suivent leur père dans ses activités, lorsque c’est possible. Même dans les rencontres du conseil d’administration. « On a plein de raisons de ne pas être généreux et de ne pas s’impliquer, mais je veux montrer que c’est important pour faire avancer les choses. »

D’ailleurs, pour pouvoir aider les gens à s’impliquer comme bénévole dans le Forum Jeunesse, M. Tchakoua a apporté un volet très familial au sein du conseil d’administration. « Le bénévolat ne doit pas être un fardeau. On peut avoir une activité pour les enfants pendant que les parents sont en réunion. Parfois, les enfants sont avec nous, s’ils font du bruit, ce n’est pas grave. Ça rend les choses dynamiques, ça montre la tolérance aussi. Il faut aider les familles si on souhaite que les gens s’impliquent. Le bénévolat se fait avec le cœur et dans le plaisir. Ça demande parfois de la patience, mais c’est bénéfique pour tout le monde. » Un bel exemple à suivre n’est-ce pas?

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